ÉDLJC décrypte l’actualité - Jean-Baptiste Greuze : l’enfance en lumière

Retour sur l’exposition : “Jean-Baptiste Greuze : l’enfance en lumière” du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026 au Petit Palais à Paris

Le Petit Palais rend hommage au peintre Jean-Baptiste Greuze afin de commémorer le 300e anniversaire de sa naissance à l’occasion d’une exposition qui met la lumière sur le thème de l’enfance, cher à l’artiste. 

Jean-Baptiste Greuze (1725 -1805) est un célèbre peintre du XVIIIe siècle, très admiré au Salon, tant pour ses portraits, que ses scènes de genre. De son vivant, le public et la critique l’acclament tandis que les plus grands collectionneurs s’arrachent ses toiles. L’artiste navigue entre la transposition de la psychologie des enfants qu’il exalte à travers nombre de ses portraits. Cette exposition se propose de mettre en perspective tant les peintures que les dessins exécutés par l’artiste à la sanguine.

Ses portraits d’enfants
Jeune fille en buste, vers 1780, Collection particulière, exposé temporairement au Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard
Portrait de Charles Etienne de Bourgevin de Vialart, comte de Saint-Morys, vers 1782-1784, huile sur bois, Musée d’Arts de Nantes, exposé temporairement au Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard
Jeune fille en buste, vers 1780, sanguine, collection particulière, exposé temporairement au Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard

À la différence de ses contemporains, tels Jean-Honoré Fragonard ou encore François Boucher, tous deux peintres rattachés au style rocaille et représentant le plus souvent des scènes frivoles et séduisantes, l’œuvre de Jean-Baptiste Greuze se distingue par sa sensibilité intellectuelle et unique. Très sensible à la pensée des philosophes contemporains, notamment Rousseau et Diderot, Greuze considère l’enfance avec le plus grand respect. C’est à cette période-là, selon lui, que l’essentiel de ce qu’un homme ou une femme en devenir se forme et que les enjeux d’une société nouvelle se jouent.

Les sujets abordés par l’artiste dans son travail traduisent une réflexion personnelle. Il interroge l’intimité de la famille de différentes manières, tantôt avec empathie, tantôt avec un regard critique.

Les histoires de famille comme théâtres intimes
La Dame de charité, vers 1775, huile sur toile, Lyon, musée des Beaux-Arts, exposé temporairement au Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard

Selon les penseurs des Lumières, ainsi que Greuze, le renouveau de la société s’écrit au sein des familles, dans la sphère privée et plus particulièrement au cours de l’enfance. Ainsi, ses œuvres ne sont pas dépourvues de pathos comme en témoigne le tableau ci-dessus présenté. À travers ce pathos, le spectateur s’interroge sur l’amplitude même de ce qui se joue à l’intérieur de la sphère privée en y étant confronté et en y participant comme simple observateur mais aussi en tant qu’être pensant. Chez Greuze, la sphère privée n’est pas présentée comme uniquement heureuse, il s’y déroule aussi des choses malheureuses : ce peut-être le lieu de la violence physique et de la cruauté psychologique. Et les enfants dans toute leur fragilité, confrontés à de tels environnements, en subissent de façon plus marquante les conséquences.

La recontextualisation de l’environnement de l’artiste
Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard
Petit-Palais à Paris © Janeece Guyard
“L’enfance a des manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres. Rien n’est moins sensé que d’y vouloir substituer les nôtres.” Jean Jacques Rousseau, Emile ou De l’éducation, 1762

Cette exposition propose à travers des œuvres variées - certaines n’étant habituellement pas exposées publiquement - de retracer le travail de cet artiste qui grâce au thème de l’enfance propose au public un large éventail de points de vue allant de l’amour parental, en passant même par l’allaitement et bien sûr l’éducation.

Par Janeece Guyard, chargée qualité pour le mandat 25-26